5 raisons pour lesquelles les plateformes de crowdfunding sont amenées à disparaitre

#Innovation & créativité

Le 20 août 2014

En France, ce sont plus d’1 million de personnes qui au premier semestre 2014 ont participĂ© au financement d’une campagne de crowdfunding (chiffres Association FPF). KissKissBankBank, Ulule, MyMajorCompany et bien d’autres se battent pour se partager un marchĂ© d’une valeur de plus de 120 millions d’euros par an. Mais pourquoi peut-on penser que les plateformes gĂ©nĂ©ralistes telles que nous […]
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En France, ce sont plus d’1 million de personnes qui au premier semestre 2014 ont participĂ© au financement d’une campagne de crowdfunding (chiffres Association FPF). KissKissBankBank, Ulule, MyMajorCompany et bien d’autres se battent pour se partager un marchĂ© d’une valeur de plus de 120 millions d’euros par an. Mais pourquoi peut-on penser que les plateformes gĂ©nĂ©ralistes telles que nous les connaissons aujourd’hui disparaĂ®tront dans quelques temps ?

Je parlais il y a quelques temps dans cet article du changement que pouvait apporter le crowdfunding Ă  notre comportement d’achat de produits technologiques. Les plateformes amĂ©ricaines comme Kickstarter ou Indiegogo sont aujourd’hui de rĂ©elles places de marchĂ©s pour ce type de produits au mĂŞme titre que peut l’ĂŞtre Amazon pour les livres. En se rendant sur ces plateformes, on ne va plus forcĂ©ment soutenir un projet mais on achète plutĂ´t le dernier objet techno Ă  la mode.

Voici 5 raisons pour lesquelles les plateformes de crowdfunding généralistes sont amenées à disparaître et pourquoi les outils en marque blanche vont se développer.

1/ Participer au financement d’un projet devient un acte rĂ©gulier

Pour le particulier, ce mode de financement entre petit Ă  petit dans la vie quotidienne. Familles, proches, amis, mĂ©dias… Tout le monde en parle et assoit la lĂ©gitimitĂ© du financement participatif  comme un mode rĂ©el de financement complĂ©mentaire ou alternatif. Comme tout produit ou service, le crowdfunding passe actuellement des mains des early adopters Ă  celles de la majoritĂ© prĂ©coce; Autrement dit d’un marchĂ© de niche Ă  un marchĂ© de masse. Pour preuve le service de Google qui permettra très prochainement aux fans de soutenir financièrement un artiste directement via son channel Youtube.

2/ Le crowdfunding c’est le blog des annĂ©es 2000

Avec WordPress ou plus rĂ©cemment Wix, il est aujourd’hui donnĂ© Ă  tout le monde de poster du contenu sur le web en quelques heures voire quelques minutes. Ces sites web encore appelĂ©s systĂ©matiquement “blog” il y a quelques annĂ©es sont devenus tellement complets que mĂŞme des sites comme CNN.com ou LeMonde.fr sont maintenant entièrement propulsĂ©s par de tels systèmes de gestion de contenu qui sont devenus des standards.

Avec la vulgarisation du crowdfunding, financer facilement et rapidement un projet sans se rendre sur un site web particulier est donc naturellement la prochaine Ă©tape. C’est l’un des dĂ©fis que doivent prendre en compte les plateformes dès aujourd’hui et c’est par exemple en proposant des offres et des outils en marque blanche comme le font l’amĂ©ricain Tilt.com et le français allfunders.com que les plateformes pourront faire la diffĂ©rence face Ă  des services de paiement en ligne comme Paypal ou de collecte comme Leetchi.

3/ Les communautés ont besoin de communiquer avec leur image

De plus en plus nombreuses sont les communautĂ©s qui veulent s’essayer au crowdfunding. Collectifs, associations, fondations ou encore organisations ne voient cependant pas d’intĂ©rĂŞt ou ne veulent tout simplement pas associer leur image Ă  une plateforme de crowdfunding pour des raisons qui leurs sont propres. En effet certaines ont dĂ©jĂ  la notoriĂ©té nĂ©cessaire pour fĂ©dĂ©rer le public autour d’un projet et donc d’une collecte. A noter par exemple les fondations qui font souvent appel au don via leurs propres sites web.

A titre de comparaison, prenons l’exemple de Coca-Cola qui se retire petit Ă  petit du rĂ©seau social facebook. Pourquoi ? Imaginez en effet que vous soyez Coca-Cola et que vous mettiez en place un jeu sur facebook. Vous pourriez vous demander Ă  qui cette action est la plus profitable… A facebook ou Ă  vous ?

4/ Les entreprises françaises ne sont qu’au dĂ©but de leur utilisation du crowdfunding

Les entreprises françaises viennent petit Ă  petit vers ce mode de financement qui peut certaines fois prĂ©senter de nombreux avantages face Ă  la rigiditĂ© des banques. En lançant des campagnes de crowdfunding, ces entreprises rencontrent de plus en plus de succès mais peuvent Ă©galement s’assurer au passage un bon coup de communication.

Les startups sont donc très friands de ce modèle qui leur offre un triplĂ© gagnant : Ă©tendre et renforcer leur communautĂ©, collecter des fonds et communiquer sur leurs produits ou services. Mais les startups technologiques françaises sont très souvent confrontĂ©es Ă  un problème : lancer une campagne sur un site amĂ©ricain tel que Kickstarter qui peut leur assurer une mise en avant importante (ce que n’offre pas encore les plateformes françaises quoi qu’on puisse en penser) ou, tout comme les communautĂ©s, lancer une campagne en leur propre nom et Ă©conomiser au passage des frais de commission importants. Deux raisons qui peuvent paraĂ®tre anodines mais qui devraient faire rĂ©flĂ©chir les plateformes de crowdfunding françaises.

5/ Les américains sont aux portes du marché français

Avec toute leur volontĂ© et leur dĂ©termination, il ne faut pas quitter des yeux ces mastodontes du crowdfunding que sont les Kickstarter, Indiegogo ou encore Tilt. Car qu’on le veuille ou non, certains qui sont dĂ©jĂ  prĂ©sent au Royaume-Uni, l’antichambre Ă©conomique des amĂ©ricains pour le marchĂ© europĂ©en, finiront bien par mettre un pied sur le marchĂ© français. En France, la bataille sera donc rĂ©elle et pourra s’avĂ©rer compliquĂ©e pour les poids lourds locaux mĂŞme si nous ne sommes jamais Ă  l’abri de quelques surprises. En faveur des locaux pour l’instant : un Ă©lan de sympathie de la part du gouvernement actuel et la nouvelle rĂ©glementation sur le crowdfunding qui sera mis en place au 1er octobre.

Alors pour conclure ?

L’Ă©volution du comportement d’achat de certains produits, la vulgarisation du financement participatif , l’Ă©volution des technologies ou encore l’entrĂ©e de nouveaux acteurs sur le marchĂ© sont autant de points qui laissent penser que les plateformes de crowdfunding telles qu’elles existent aujourd’hui sont amenĂ©es Ă  disparaĂ®tre plus vite qu’on ne pourrait l’imaginer.

Veillons cependant Ă  ne pas prĂ©dire le mĂŞme sort aux plateformes de niches qui ont pour principal but de fĂ©dĂ©rer des communautĂ©s de passionnĂ©s et non de ne rĂ©unir que pour le crowdfunding (Sandawe pour la BD, Fundovino pour le vin, Iamlamode pour la mode, etc…) ou encore aux plateformes comme Kickstarter ou Indiegogo qui mĂ©langent aujourd’hui crowdfunding et e-commerce pur.

Etant donnĂ© la vitesse de ce marchĂ©, il faut donc que les plateformes gĂ©nĂ©ralistes se rĂ©inventent et pensent Ă  leur mutation dès maintenant pour rester dans la course. Evolution de concept, acquisitions ou encore dĂ©veloppement Ă  l’international sont par exemples des voies Ă  explorer. L’objectif ? Etre un acteur complet et incontournable du crowdfunding et non une simple plateforme de crowdfunding.

LisaJe suis l'assistante virtuelle de There is no spoon. J'occupe également le poste de rédac' chef de There is no spoon, Le mag’