Djump – le dĂ©placement urbain peer to peer.

#Portraits de Startups

Le 8 janvier 2014

Pitch. Djump est une application mobile de “On-Demand Peer-to-Peer Ridesharing” (que nous avons entrepris de traduire par “partage de trajets entre particuliers”) qui permet de commander en temps rĂ©el un trajet Ă  un particulier, membre de la communautĂ© Djump. L’appli connecte donc d’une part les “djumpers”, qui l’utilisent en tant que passagers, avec les “drivers”,qui […]
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Anissia Tcherniaeff Djump

RĂ©sumĂ© : Djump est une App mobile de partage de trajets entre particuliers dont le but est d’amĂ©liorer l’offre de dĂ©placement urbain en y ajoutant une touche de convivialitĂ© et un Ă©tat d’esprit “village”. Djump est en quelque sorte la rĂ©ponse de l’Ă©conomie du partage aux offres de VTC de type Uber, Snapcar ou encore AlloCab, et prĂ©figure peut ĂŞtre l’avenir du dĂ©placement urbain. Ce portrait vous est proposĂ© par Anissia Tcherniaeff, cofondatrice de la startup.

Pitch.

Djump est une application mobile de “On-Demand Peer-to-Peer Ridesharing” (que nous avons entrepris de traduire par “partage de trajets entre particuliers”) qui permet de commander en temps réel un trajet à un particulier, membre de la communauté Djump. L’appli connecte donc d’une part les “djumpers”, qui l’utilisent en tant que passagers, avec les “drivers”,qui ont été approuvés conducteurs par l’équipe Djump.

Pour le djumper, Djump répond au besoin de se déplacer en ville de manière conviviale, pratique, safe et économique. Il s’agit d’un trajet à caractère social, passé à côté du driver à discuter. Nous passons au peigne fin l’identité des membres de la communauté pour assurer une communauté de confiance. A la fin du trajet, les djumpers donnent aux drivers le montant qu’ils souhaitent, selon l’expérience vécue dans la voiture 🙂 Pour le driver, passer une soirée Djump est un concept à part entière! La soirée est une véritable surprise, les rencontres sont fortuites et les échanges fusent dans tous les sens! Il arrive même que des drivers terminent la soirée avec des djumpers…

Le driver est Ă©galement en possession d’une voiture et il n’est pas compliquĂ© d’ imaginer les frais occasionnĂ©s par son vĂ©hicule : assurance, entretiens, contrĂ´le technique, amendes… Grâce Ă  Djump, il pourra plus facilement joindre les deux bouts et payer les factures liĂ©es Ă  l’utilisation de sa voiture !

Enfin, le driver (comme le djumper) se sent faire partie d’un véritable mouvement qui peut, avec d’autres initiatives, redessiner la mobilité urbaine et transformer la ville en village !

Génèse.

Je passais mon temps à aller chercher à gauche et à droite en voiture Guillaume (co-fondateur de Djump) qui était mon copain à l’époque! (Rires mais pas faux). Plus sérieusement, je terminais mes études dans une Ecole de Commerce à Bruxelles et j’avais quelques mois pour trouver un job dans le secteur de la microfinance en Afrique. L’Afrique avait quelque-chose d’attrayant pour moi. Guillaume, de son côté, multipliait les idées entrepreneuriales avec une volonté certaine de vouloir avoir un impact et l’une d’entre elles a tout particulièrement attiré mon attention. Son constat était simple : quotidiennement, de nombreuses personnes se déplacent seuls dans la même direction, mais ne le savent pas et surtout ne se connaissent pas.

J’ai toujours eu la fibre entrepreneuriale (il a toujours été question de faire des cookies et les revendre, lancer des concepts de soirée, tester des nouvelles drôles de recette, pondre des idées sans s’arrêter et souvent sans les arrêter malheureusement) et, en attendant de trouver le job parfait, j’ai mis la main à la pâte. Et le jour où on a pris le RDV avec notre premier coach, je pense que ca a été le point de rupture, le “Tipping Point” et qu’inconsciemment je me suis dit que je devais poursuivre l’aventure coûte que coûte. On m’a ensuite annoncé que je partais en Afrique dans les 2 semaines qui suivaient et que ma maison et mobylette était prêtes. Là j’ai vraiment compris ce que le mot dilemne voulait dire. Mais il était en fait hors de question que je perde une quelconque crédibilité dans la sphère entrepreneuriale. Les jeux étaient faits, en fait, et le challenge était autant excitant que gigantesque.

L’idée de départ était donc de créer un système de covoiturage pour les événements. Suite à un problème de business model, nous avons lancé Djengo, une plateforme de covoiturage B2B qui compte aujourd’hui plus de 40 clients corporate (www.djengo.net). Suite à un voyage à San Francisco, l’émergence de l’économie collaborative et plus particulièrement de la production collaborative, l’avènement des smartphones et le changement de comportement sociétal, nous avons décidé de revenir à la raison qui nous avait rassemblé au départ : le mobile !

Nous sommes en effet convaincus que l’avenir de la mobilité réside dans les solutions mobiles. Et c’est fin 2012 que nous avons entamé le développement de l’application Djump !

Ingrédient secret.

Haha! C’est encore un peu tôt pour le dire 🙂 On n’a pas encore beaucoup de concurrents, le secteur est tout frais en Europe. Mais je dirais que la force du produit c’est l’aspect communautaire, et l’ambiance et la magie dégagée par l’appli et par le fait de djumper ! Aujourd’hui, nous avons également une app où tout est intégré, l’invitation d’amis, la commande d’un djump, le paiement, l’évaluation ! Cela peut aussi constituer une force de Djump par rapport à la concurrence.

Traction.

Djump est une communauté avant tout. Une communauté de confiance qui réenchante la ville en créant des rencontres uniques et en renforcant les liens sociaux entre ses membres. L’application se fait connaître par tous les membres de la communauté (drivers et djumpers) qui invitent des amis ou connaissances qui désirent faire partie du même mouvement et utiliser Djump pour se déplacer en ville. Nous avons développé une fonctionnalité “Invite Friends” dans l’app qui permet d’inviter ses amis à utiliser l’appli. On parle donc de cooptation. Aujourd’hui, c’est la stratégie de croissance adoptée pour s’assurer de créer un noyau de base solide et safe. Nous avons donc misé jusqu’à présent sur une croissance essentiellement organique. Il n’est pas non plus exclu de faire des petits partenariats bien ciblés pour aider les personnes à utiliser Djump ! To follow.

Équipe.

Aujourd’hui nous sommes 8 à temps plein à travailler chez Djump. L’équipe a bien-sûr évolué depuis 3 ans et compte aujourd’hui 4 développeurs et 1 business dev basés à Bruxelles. A Paris, nous sommes une petite équipe de 3 : Alexis, Yann, et moi. Donc au total, 4 développers et 4 business dev. Et je peux vous jurer que la prochaine personne qui travaillera avec nous sera une fille! La culture développée au sein de Djump est sans contexte proche de celle mise en avant par la société 37signals dans le livre Rework : planifier c’est devenir, les réunions sont toxiques, virer les workalcoholics, vous avez certainement besoin bien moins que ce que vous imaginez… Un livre que j’ai dévoré en 2 jours 🙂

Marché.

Les utilisateurs de Djump sont aujourd’hui les jeunes de 18 à 35 ans, citadins, connectés, curieux, qui aiment sortir la nuit et socialiser. Ils ont aussi un goût pour tout ce qui touche à l’innovation et aux nouveautés en général. A l’instant même, je viens de constater le post Facebook d’un de nos drivers dans le groupe Facebook leur étant dédié. Il fait remarquer qu’il pense avoir eu le + long djump de l’Histoire de Djump hier et demande confirmation à Alexis ! Dans le groupe dédié aux djumpers, nous avons eu hier la demande spéciale de quelques djumpers de faire un apéro Djump galette des rois la semaine prochaine, avec la proposition de mettre à l’épreuve la boulangerie d’un autre djumper pour les gateaux ! Nous avons donc la chance d’avoir une communauté solide avec une identité forte, oui ! Et c’est capital pour les premiers mois de l’existence de Djump.

Financement & modèle éco.

Après une annĂ©e de bootstrapping pour Djengo, nous avons levĂ© 500.000€ en 2012 initialement pour financer le dĂ©veloppement de la plateforme B2B.. Djump est arrivĂ© par après mais nous avons pu compter sur cette source de revenus pour entamer le dĂ©veloppement de l’appli B2C. Aujourd’hui, nous avons pour intention d’accĂ©lĂ©rer la croissance de la communautĂ© et envisageons de faire une seconde levĂ©e de fonds mi-2014. A suivre. Le business model de Djump est de prendre une commission de 20% sur toutes les transactions effectuĂ©es, c’est Ă  dire sur les montants des donations effectuĂ©es par les Djumpers.

Échecs.

Avant de lancer la première version de Djengo (plateforme de covoiturage domicile-travail destinée aux entreprises), nous avons fait pas mal de “Client development”. Nous avons donc été à la rencontre de beaucoup de mobility managers et HR managers de grosses boîtes afin d’écouter leurs besoins. Nous avons donc commencé à développer une version qui devait satisfaire aux entreprises potentiellement clientes.

Le problème est que la même démarche a été sous-estimée du côté des utilisateurs finaux (des covoitureurs). La version développée est donc partie du postulat que les employés avaient du mal à organiser leur covoiturage de tous les jours car ils avaient plusieurs partenaires de covoiturage. Notre discours était également orienté en ce sens.

Et puis, grosse claque! On s’est aperçu en réalité que, lorsque les employés avaient trouvé leur(s) partenaires, il était très simple pour eux d’organiser leurs navettes quotidiennes. En revanche, il est compliqué pour eux de trouver des nouveaux partenaires de covoiturage et de s’occuper de tous les aspects administratifs autour de leur covoiturage.

On en a conclu qu’il est capital d’impliquer tous les acteurs du produit dans la phase de Client Development avant de commencer à développer et de toujours vérifier les hypothèses sur lesquelles on se base ! Dès que vous avez un moment de doute sur ce que vous dites en public (à ce moment là bien évidement faut paraître sûr de soi), allez vérifier l’info !

Demain.

Mmmmh, un peu de gamification et un accélérateur social pour faire en sorte que vraiment TOUS les djumps soient un “Once Upon A Ride”!

What else ?

Keep calm and enjoy your Djump !

 

 

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LisaJe suis l'assistante virtuelle de There is no spoon. J'occupe également le poste de rédac' chef de There is no spoon, Le mag’