Etat des lieux des usages de tablettes tactiles en entreprise.

#Innovation & créativité

Le 30 mai 2011

Ce dĂ©but d’annĂ©e a Ă©tĂ© riche d’évĂ©nements sur le segment de marchĂ© des tablettes tactiles. Entre le CES, le lancement commercial de l’iPad 2 et les nombreuses Ă©tudes sur ce (nouveau) secteur (re)lancĂ© par Apple l’annĂ©e derniĂšre il y a de quoi faire ! Deux sources ont particuliĂšrement attirĂ© mon attention sur cette pĂ©riode. La […]
⏱Temps de lecture : 1 minute

Ce dĂ©but d’annĂ©e a Ă©tĂ© riche d’évĂ©nements sur le segment de marchĂ© des tablettes tactiles. Entre le CES, le lancement commercial de l’iPad 2 et les nombreuses Ă©tudes sur ce (nouveau) secteur (re)lancĂ© par Apple l’annĂ©e derniĂšre il y a de quoi faire ! Deux sources ont particuliĂšrement attirĂ© mon attention sur cette pĂ©riode. La premiĂšre est une Ă©tude sur l’adoption des tablettes en entreprise et les tendances d’usages s’en dĂ©gageant menĂ©e par Dimensional Research dĂ©but mai (source ZDNet). La seconde est l’Ă©tude sur l’explosion du marchĂ© des fournisseurs de tablettes du cabinet de conseil PRTM Management Consultants qui date du dĂ©but d’annĂ©e .

Sur la base de ces deux Ă©tudes je vous propose de dĂ©couvrir ma vision de ce secteur en pleine effervescence, enrichie de mon expĂ©rience d’usage (je travaille au quotidien depuis un an avec un iPad).

Les fabricants.

À l’origine de cette effervescence, l’iPad d’Apple, dont le lancement en avril 2010 avait mis le feu aux poudres. A fin 2010, 30 tablettes Ă©taient dĂ©jĂ  disponibles sur le marchĂ©. Cette annĂ©e, l’International Consumer Electronics Show (CES) [
] a annoncĂ© l’arrivĂ©e imminente d’une lĂ©gion de nouvelles tablettes. À ce jour, 102 tablettes proposĂ©es par 64 fabricants sont d’ores et dĂ©jĂ  sur le marchĂ© ou en cours de dĂ©veloppement. (source PRTM)

Sans que l’on s’y attende vraiment trop, ce segment s’est enflammĂ© depuis la sortie l’annĂ©e derniĂšre de la premiĂšre version de l’iPad. La raison tient en deux mots : bon sens. En effet, comme le fait remarque l’étude de PRTM, les fabricants n’ont pas le choix, ils doivent proposer des tablettes pour trouver un nouveau levier de dĂ©veloppement et ne pas disparaĂźtre.

Pour faire court, disons qu’un grand nombre d’entre eux n’avaient tout simplement pas le choix. Les 17 millions de tablettes vendues en 2010 ont marquĂ© l’avĂšnement d’un nouveau segment de marchĂ©, avec des projections de ventes annu­elles de l’ordre de 200 millions d’unitĂ©s d’ci 2014.

Il me paraĂźt intĂ©ressant de rappeler qu’avant l’iPad, le marchĂ© des netbooks Ă©tait en pleine explosion et qu’il est maintenant en fin de vie, les fabricants s’étant recyclĂ©s sur un secteurs plus porteur, celui des tablettes !

Avec un tel niveau de croissance (quatre fois plus important que celui des smartphones et cinq fois plus que celui des PC), les tablettes sont devenues les tĂȘtes de pont de l’informatique mobile, permettant ainsi Ă  leurs fabricants de prendre d’assaut simultanĂ©ment les fronts de la tĂ©lĂ©phonie mobile et des ordinateurs portables.

Reste Ă  savoir quelles entreprises tireront leur Ă©pingle de ce jeu ou la compĂ©tition fait rage. Je partage le point de vue de PRTM par rapport aux entreprises leaders [qui] devront mettre leur avance Ă  profit en proposant des produits et solutions innov­ants afin de dĂ©velopper pour l’utilisateur une fidĂ©litĂ© Ă  la marque et barrer la route Ă  leurs concurrents. Il est dommage que l’analyse ne mette pas plus clairement en avant l’importance du dĂ©coupage fabricant / fournisseur OS alors que ce dernier est trĂšs structurant pour les retardataires notamment. En effet, un fabricant dĂ©cidant de rentrer sur ce marchĂ© avec son propre OS ou plusieurs OS selon les gammes de tablettes me paraĂźt n’avoir que peu de chance de percer et donc de rentabiliser son activitĂ© sur ce segment. En revanche, un fabricant proposant plusieurs gammes de tablettes basĂ©es sur le mĂȘme OS pourra quand Ă  lui assurer une expĂ©rience unique et transparente quelque soit le terminal utilisĂ© et donc investir plus durablement le segment.

Multiplicité du choix, avantage ou inconvénient ?

Cette richesse Ă  venir en terme de choix va jouer un rĂŽle capital dans le dĂ©veloppement de cet Ă©quipement en entreprise. D’un cotĂ© c’est un avantage car l’importance du choix  rend plus facile la recherche et la disponibilitĂ© d’un produit adaptĂ© un usage prĂ©cis. D’un autre cotĂ© c’est un inconvĂ©nient car les services informatiques des entreprises ne pourrons proposer qu’une partie des rĂ©fĂ©rences dans leur catalogue, au risque de dĂ©cevoir l’utilisateur qui ne pourra pas forcĂ©ment disposer du produit qui l’intĂ©resse.

Certes, les Ă©quipes dirigeantes s’équiperont comme elles l’ont toujours fait : selon leurs propres goĂ»ts, mais pour les autre niveaux de l’entreprise il faudra compter sur le catalogue proposĂ© par les services informatiques qui n’ont pas toujours les mĂȘmes prĂ©fĂ©rences que les utilisateurs.

Selon que l’on regarde le verre Ă  moitiĂ© vide ou Ă  moitiĂ© plein, ce point peut poser problĂšme. Tablons plutĂŽt sur la capacitĂ© de la DSI Ă  choisir le matĂ©riel le mieux adaptĂ© aux utilisateurs en tenant compte de façon Ă©quilibrĂ©e de ses propres contraintes techniques, et laissons pour une fois de cotĂ© le verre Ă  moitiĂ© vide 😉

Les (futurs) utilisateurs en Entreprise.

Parce que j’utilise un iPad au quotidien depuis un an, je ne pense pas que les tablettes remplaceront les ordinateurs en entreprise, que ce soit Ă  court terme ou Ă  moyen terme (dans les bureaux). En revanche, je suis convaincu qu’elles vont devenir le compagnon insĂ©parable de beaucoup d’utilisateurs, Ă  l’instar des smartphones, en venant complĂ©menter leur Ă©quipement informatique.

les utilisateurs de tablettes en entreprise

Pour les dirigeants, l’ordinateur sert essentiellement Ă  consulter / envoyer des mails, lire des documents bureautique, surfer sur internet, … les usages peuvent ĂȘtre couverts Ă  99% par les tablettes qui apporteront en plus une valeur ajoutĂ©e de mobilitĂ©. Aujourd’hui nous prenons tous notre smartphone avec nous dĂšs que nous quittons notre bureau, pour avoir avec nous calendrier et mail, demain nous prendrons aussi notre tablette car son encombrement rend la chose possible (c’est exactement ce que je fais actuellement). Les dirigeants seront Ă  mĂȘme en permanence d’accĂ©der Ă  l’ensemble des ressources qui leurs sont utiles sur leur tablette, sans avoir Ă  en anticiper le besoin.

Pour les opĂ©rationnels, l’ordinateur est aussi un outil de productivitĂ© pure via diverses applications mĂ©tier. Actuellement, ces applications ne sont que trĂšs peu portĂ©es sur ces supports et les tablettes ne donnent ainsi pas la pleine mesure de leur valeur ajoutĂ©e. J’ai cependant constatĂ© que dans tous les autres cas de figure (rĂ©union, Ă©change informel au dĂ©tour d’un couloir, 
) Ă  l’usage avoir sur soi l’ensemble de sa vie professionnelle sur un support ultra ergonomique et affordant Ă  l’échange & Ă  la discussion est un sacrĂ© plus ! A moyen terme, une grosse partie des applicatifs mĂ©tiers seront portĂ©s sur ces supports, et les tablettes deviendront un Ă©lĂ©ment incontournable de l’équipement des salariĂ©s qui ne se sĂ©pareront pas pour autant de leurs ordinateurs (vous imaginez travailler un fichier Excel de plusieurs milliers de lignes sur iPad ? J’ai fait le test, c’est possible mais pas du tout pratique ni ergonomique).

Au final, l’ordinateur trĂŽnera toujours sur le bureau mais son usage se verra rĂ©duit au minimum.

Je ne traite pas ici des usages spĂ©cifiques directement sur les lignes de production, ces derniers sont cependant une cible privilĂ©giĂ©e des fabricants et Ă©diteurs. Les tablettes dans ce cas viennent prendre la suite des Ă©quipements innovants dĂ©jĂ  dĂ©ployĂ©s tels que les PDA durcis et autres matĂ©riels tactiles (l’initiative d’Apple de remplacer les fiches produits par des iPad en est un exemple mainstream).

Stratégie d'usages des tablettes en entrepriseLes usages actuels.

Ce qui ressort de l’étude de Dimensional Research est l’absence de stratĂ©gie d’usage associĂ©e au dĂ©ploiement des tablettes en entreprise.

Tout d’abord, 44% des tablettes en entreprises ont Ă©tĂ© achetĂ©es par les salariĂ©s. Ce segment d’équipement met en exergue la pratique du BYOC (Bring Your Own Computer) sur laquelle je reviendrais dans un prochain billet, tirĂ©e par les salariĂ©s mĂȘme si l’entreprise n’a pas mis en place de dispositif BYOC. C’est trĂšs intĂ©ressant pour l’entreprise car elle dĂ©friche Ă  moindre coĂ»t les usages des tablettes via ces early adopters. C’est trĂšs angoissant Ă©galement pour les DSI car elles perdent la maĂźtrise des Ă©quipements sur lesquels circulent de plus en plus d’informations stratĂ©giques.

Ensuite, plus de 50% des entreprises dĂ©clarent n’avoir aucun plan ni stratĂ©gie concernant le dĂ©ploiement des tablettes. Je trouve cette information trĂšs encourageante car elle est reprĂ©sentative d’un changement dans les entreprises : l’expĂ©rimentation sort de l’ombre. Certes il s’agit certainement plus d’un effet de bord de l’explosion du secteur des tablettes qui fait que les Ă©tapes classiques prĂ©alables Ă  l’arrivĂ©e d’un Ă©quipement en entreprise sont bousculĂ©es, mais il s’agit aussi d’un signe que l’entreprise (et sa DSI) sait s’adapter et rĂ©agir vite pour ne pas rater le train qui sera bientĂŽt en marche. Je suis convaincu que le rythme technologique ne va faire que s’accroĂźtre et que les entreprises et leurs services informatiques devront s’y adapter et passer d’une logique unique « un besoin mĂ©tier -> une Ă©tude technique -> un outil » Ă  plusieurs logiques dont « une vague idĂ©e -> une expĂ©rimentation -> un usage qui se dĂ©gage ».

Enfin, les usages applicatifs semblent ĂȘtre portĂ©s par les mĂ©tiers dans lesquels les offres SAAS sont trĂšs prĂ©sentes depuis de nombreuses annĂ©es (donc accessibles via un simple navigateur). En particulier, la prĂ©sence sur iPad d’une app Salesforce ne doit pas ĂȘtre Ă©trangĂšre Ă  la surreprĂ©sentation de l’usage CRM..

au niveau des usages applicatifs [
] c’est le CRM [
] qui se dĂ©tache (47%). [
] Autres usages applicatifs citĂ©s : le support utilisateur (35%), la gestion des notes de frais (21%), l’ERP (20%), la finance (17%) et les ressources humaines (17%).

En rĂ©sumĂ©, je ne pense pas que les tablettes remplaceront les ordinateurs en entreprise ni Ă  court terme ni Ă  moyen terme. Je suis en revanche convaincu qu’elles vont venir complĂ©menter l’équipement informatique des dirigeants en premier lieu. Ensuite, lorsque les applications de productivitĂ© leur permettant de donner la pleine mesure de leur valeur ajoutĂ©e y seront portĂ©es, le tour des opĂ©rationnels viendra (l’exemple de Salesforce est Ă  mon sens emblĂ©matique). La diversitĂ© croissante de l’offre va permettre Ă  chaque DSI de proposer un catalogue de service adaptĂ© et riche, lĂ  ou aujourd’hui le fait que seul l’iPad apparaisse comme crĂ©dible constitue parfois un point de blocage. Bien sur, le prĂ©alable Ă  ce scĂ©nario est que l’infrastructure IT soit capable d’accueillir ces nouveaux venus, notamment en permettant les accĂšs « externes mais maĂźtrisĂ©s » sur le SI de l’entreprise pour ne pas grever le plus grand intĂ©rĂȘt des tablettes : leur mobilitĂ©. Pour conclure, le conseil que j’ai Ă  donner aux responsables IT et plus gĂ©nĂ©ralement Ă  toute personne se posant la question de la pertinence d’une tablette dans ses taches quotidiennes est le suivant : expĂ©rimentez ! Il est encore difficile de savoir quels seront les usages qui vont vraiment se dĂ©velopper, une partie va d’ailleurs se construire par rapports aux besoins des early adopters en entreprise alors autant faire partie de ceux qui vont driver cette Ă©volution non ? Et c’est d’autant plus vrai pour les responsables IT qui s’ils ne font pas expĂ©rimenter trĂšs tĂŽt leurs Ă©quipes et leurs client risquent de devoir s’adapter Ă  marche forcĂ©e, ce qui nous le savons tous n’est pas une bonne chose. Bref, expĂ©rimentez, creusez, ne vous limitez pas dans vos rĂ©flexions, vous ne pourrez qu’y gagner !

LisaJe suis l'assistante virtuelle de There is no spoon. J'occupe Ă©galement le poste de rĂ©dac' chef de There is no spoon, Le mag’