Innovation, intraprenariat et incubateurs en entreprise – interview de Lomig Unger

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Le 29 octobre 2012

Bonjour Lomig, peux tu te prĂ©senter aux lecteurs d’haikusages ? Salut, j’ai 38 ans bientĂ´t, je suis mariĂ© Ă  une femme formidable, et nous avons deux petites filles merveilleuses. Je suis docteur en physique, et je travaille dans un grand groupe industriel. Après quelques annĂ©es passĂ©es dans des projets de recherche comme ingĂ©nieur, j’ai basculĂ© […]
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Bonjour Lomig, peux tu te prĂ©senter aux lecteurs d’haikusages ?

Salut, j’ai 38 ans bientĂ´t, je suis mariĂ© Ă  une femme formidable, et nous avons deux petites filles merveilleuses. Je suis docteur en physique, et je travaille dans un grand groupe industriel. Après quelques annĂ©es passĂ©es dans des projets de recherche comme ingĂ©nieur, j’ai basculĂ© dans un nouveau mĂ©tier – animateur de communautĂ© – parce que j’avais dĂ©veloppĂ© en parallèle de mon job une activitĂ© intense de blogging, rĂ©seau sociaux, etc.. J’ai voulu concilier les deux et j’ai eu la chance de rencontrer une hiĂ©rarchie favorable Ă  l’arrivĂ©e de “collaboratif” dans l’innovation. J’anime Ă  prĂ©sent un dispositif d’appel Ă  idĂ©es internes oĂą nous sollicitons les collaborateurs pour proposer des idĂ©es de produits ou de services, sur des thĂ©matiques assez large.

Dans les commentaires du billet ” Et si l’entreprise devenait un incubateur comme un autre “, tu indiquais avoir mis en oeuvre une dĂ©marche similaire. Peux tu nous en dire plus ?

Les appels Ă  idĂ©es conduisent souvent Ă  des idĂ©es intĂ©ressantes qu’il convient de “creuser”, structurer, travailler. C’est le rĂ´le des “incubateurs” internes. Ce ne sont que des zones de l’intranet dĂ©diĂ©es Ă  une idĂ©e en particulier et permettant de lĂ©gitimer le sujet, et de regrouper autour les personnes motivĂ©es et/ou compĂ©tentes pour le pousser. Ces sujets peuvent ĂŞtre passĂ©s en revue, discutĂ©s, partagĂ©s dans une rĂ©union hebdomadaire (L’Atelier des idĂ©es) ouverte Ă  tous avec une vraie libertĂ© de parole. ConvivialitĂ©, esprit critique et bienveillance sont les mots d’ordre !

Les appels Ă  idĂ©es conduisent souvent Ă  des idĂ©es intĂ©ressantes qu’il convient de “creuser”, structurer, travailler […] Ces sujets peuvent ĂŞtre passĂ©s en revue, discutĂ©s, partagĂ©s dans une rĂ©union hebdomadaire (L’Atelier des idĂ©es) ouverte Ă  tous avec une vraie libertĂ© de parole.

Quels points particuliers souhaites tu mettre en avant sur le dĂ©roulement de ce projet d’incubateur interne, quels bĂ©nĂ©fices as tu constatĂ© ou quelles difficultĂ©s as tu rencontrĂ© ?

Ce que nous avons appris, c’est qu’il est toujours difficile de faire exister des sujets qui sont “non-officiels”. C’Ă©tait le pari de dĂ©part, l’inspiration : les projets temps libres chez Google, Pixar ou 3M. Pour ĂŞtre capables d’innover il faut ĂŞtre aussi capable, en tant qu’organisation, de laisser libre cours Ă  la crĂ©ativitĂ©, Ă  la motivation des individus quelle que soit leur place dans la firme. Les incubateurs sont donc basĂ©s sur le volontariat et la motivation. Notre travail d’accompagnement est sur deux plans : mĂ©thodologique (nous utilisons beaucoup la mĂ©thode C-K pour aider la structuration du travail de conception), et projet (nous aidons les membres de l’incubateur, les porteurs d’idĂ©es Ă  trouver les appuis dans les mĂ©tiers et chez les experts pour faire avancer leur idĂ©e).

Pour ĂŞtre capables d’innover il faut ĂŞtre aussi capable, en tant qu’organisation, de laisser libre cours Ă  la crĂ©ativitĂ©, Ă  la motivation des individus, quelle que soit leur place dans la firme

As tu prĂ©vu d’autres Ă©tapes pour enrichir cette dĂ©marche ? (tu Ă©voquais en particulier le cas des FabLab)

Dans la dĂ©marche “incubateurs”, nous sommes souvent confrontĂ©s au fait que les mĂ©tiers (nos clients internes) sont dĂ©jĂ  très chargĂ©s. Et nous sommes souvent contraints de rentrer les sujets un peu “en force” ; ce qui est contreproductif et carrĂ©ment Ă  l’opposĂ© de notre volontĂ© de faire des choses de manière enthousiaste et informelle, sur base de volontariat. Par ailleurs, il y a une partie du travail de conception qui ne peut se faire que dans la rĂ©alisation, dans la concrĂ©tisation. Pour cette partie, nous avons besoin des mĂ©tiers pour regrouper de manière transverse toutes les compĂ©tences autour du sujet.

Le “fablab” interne que nous sommes en train de monter, qui ne sera au dĂ©part ouvert qu’aux collaborateurs du groupe, servira Ă  avancer sur ces deux sujets : prolonger l’activitĂ© de conception par le “faire”, ensemble, et intĂ©grer les clients internes dans le jeu, plus tĂ´t dans le processus. Nous commencerons par utiliser ce fablab pour mener des ateliers de crĂ©ativitĂ©, et nous l’Ă©quiperons peu Ă  peu. Pour l’instant, c’est une pièce vide, mais riche de cette vision.

il y a une partie du travail de conception qui ne peut se faire que dans la rĂ©alisation, dans la concrĂ©tisation […] Le “fablab” interne que nous sommes en train de monter […] (servira Ă ) prolonger l’activitĂ© de conception par le “faire”, ensemble, et intĂ©grer les clients internes dans le jeu, plus tĂ´t dans le processus

Je te remercie du temps accordé à haikusages, et te laisse le mot de la fin !

Pour finir : les idĂ©es n’avancent pas seules, elles ont besoin d’un porteur de projet, passionnĂ©, mais aussi capable d’une grande Ă©coute. Et aucune organisation, aussi complète soit-elle, ne peut prĂ©tendre savoir d’oĂą et de qui partira la prochaine excellente idĂ©e. Il convient donc de laisser une place pour ces explorations amont, multimĂ©tiers, basĂ©es sur le volontariat et la passion pour l’innovation. Et tout cela ne peut se faire que dans une ambiance dĂ©nuĂ©e de peur (dans tous les sens du terme), acceptant les erreurs, les apports externes, la joie de la confiance dans les autres.

aucune organisation, aussi complète soit-elle, ne peut prĂ©tendre savoir d’oĂą et de qui partira la prochaine excellente idĂ©e

 

Lomig UngerLomig Unger

Docteur en physique,  animateur de communauté, blogueur, intrapreneur, passionné par le  web & l’innovation ! Lomig partage ses découvertes sur Twitter (@Blomig) et sur son blog personnel (Blomig).

Fabien GrenetCofondateur de There is no spoon, Fabien est tout autant passionné par l'innovation et le numérique que par le jardinage. Il partage sa vision et son expérience sur Take the Red Pill, ainsi que ses expérimentations agricoles sur Le Potager Perché. There is no spoon est une agence écosystème fédérant des freelances partageant un même objectif : permettre d'accélérer les projets en exploitant les leviers du numérique (état d'esprit, méthodes, outils).