Je ne suis pas designer de service, je suis un homme libre !

#Entreprendre

Le 9 octobre 2012

Non, je ne suis pas designer de service, designer d’expĂ©rience ou encore directeur de projet web & mobile. Je ne suis pas non plus designer d’interaction, architecte de l’information, ergonome ou expert en usages mobiles. Pas plus que je ne suis spĂ©cialiste des dĂ©marches collaboratives, expert en conduite du changement, animateur d’ateliers crĂ©atifs, chef de […]
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Non, je ne suis pas designer de service, designer d’expĂ©rience ou encore directeur de projet web & mobile. Je ne suis pas non plus designer d’interaction, architecte de l’information, ergonome ou expert en usages mobiles. Pas plus que je ne suis spĂ©cialiste des dĂ©marches collaboratives, expert en conduite du changement, animateur d’ateliers crĂ©atifs, chef de projet SI, AMOA, PMO ou formateur. Enfin, je ne suis pas non plus agitateur d’idĂ©es, scĂ©nariste, dessinateur, spĂ©cialiste de la communication visuelle, nĂ©gociateur ou chevalier blanc (quoique)..

Et pourtant, je porte tout ou partie de ces casquettes dans le cadre de mes missions en tant qu’indépendant et en ai porté une bonne partie lorsque j’étais employé à La Poste ou chez Bouygues !

Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre

Vous pensez peut être que cette introduction va me servir à vous présenter mon activité et mon positionnement, il n’en est rien. Il s’agit d’une réflexion ouverte que j’aimerais avoir avec vous par le biais des commentaires sur ce sujet au combien important : Quelles incidences la manière dont nous nous définissons peut elle avoir sur l’émergence des dynamiques d’intelligence collective et leur pérennité ? Dit autrement, la manière dont nous nous représentons et nous définissons influence-t-elle la perception de notre capacité à faire ainsi que de celle que nous attribuons à autrui ?

Quelles incidences la manière dont nous nous définissons peut elle avoir sur l’émergence des dynamiques d’intelligence collective et leur pérennité ?

Nous sommes en effet bien plus riches et divers que l’intitulé du poste que nous occupons, intitulé qui nous sert pourtant bien souvent à présenter notre activité professionnelle voire ce que nous sommes pour la société et la place que nous y occupons. Ce faisant nous nous mettons et mettons les autres dans des cases, manière d’aborder la diversité du monde de manière analytique qui ne m’a jamais semblé pertinente surtout lorsqu’il s’agit de parler de l’humain. Bien sur, comme tout le monde, j’utilise un certain nombre de raccourcis liés à cette culture des cases dans laquelle j’ai grandi (l’école use et abuse de ce procédé, en tout cas dans mes souvenirs), pour autant c’est une manière de regarder le monde qui m’a toujours laissé sur ma faim et à laquelle je réfléchis souvent.

Nous sommes […] bien plus riches et divers que l’intitulĂ© du poste que nous occupons

PrĂ©cĂ©demment sur Le mag’, j’ai expliquĂ© ma prise de conscience de la puissance de l’intelligence collective par la transformation sociĂ©tale que j’ai vĂ©cue entre 2004 et 2008 grâce Ă  l’aventure peuplade Ă  laquelle j’ai activement participĂ©. Cette dernière m’a appris que nous ne nous rĂ©duisons pas Ă  une simple dĂ©finition «poste occupĂ©, lieu d’habitation, situation familiale» mais que nous possĂ©dons une incroyable richesse intĂ©rieure qui ne demande qu’à ĂŞtre sollicitĂ© et surtout que nous la sous estimons allègrement. J’ai Ă©galement pris conscience grâce Ă  mon investissement dans l’association La Maizon que le fait de se dĂ©finir par le travail est un puissant inhibiteur d’initiative. Nous avions en effet banni la question «quel est ton travail» pour Ă©viter de mettre mal Ă  l’aise une partie de nos adhĂ©rents en difficultĂ© et ne pas favoriser un sentiment d’inĂ©galitĂ© sociale dans ce lieu dans lequel au contraire nous prĂ´nions la bienveillance comme fondement du mieux vivre ensemble. Une des consĂ©quences positives et visible de cette règle que j’ai pu constater Ă©tait que les membres ne portaient pas de jugement Ă  priori sur leur capacitĂ© Ă  faire les choses, et donc que les interactions en Ă©taient facilitĂ©es. Par exemple, le fait de ne pas savoir que Marc Ă©tait comptable Ă©vitait de se faire la rĂ©flexion «il est comptable donc animer une session du jeu loups garou ça risque d’être trop fun pour l’intĂ©resser…» et de ne pas le solliciter sur la question alors qu’il aimerait bien le faire mais n’ose pas se proposer pour cette mĂŞme raison (l’exemple est un peu capilotractĂ© mais traduit pourtant une rĂ©alitĂ©). RĂ©sultat, les membres se sollicitaient les uns les autres non pas sur les compĂ©tences liĂ©es Ă  l’image d’Epinal de leur travail, mais de manière bienveillante, ouverte, libre et sans Ă  priori.

nous possĂ©dons une incroyable richesse intĂ©rieure […] (et) nous la sous estimons allègrement

le fait de se définir par le travail est un puissant inhibiteur d’initiative

Dans un ordre d’idée différent, il y a quelques années une personne travaillant dans une grande banque d’investissement que j’ai rencontrée a présenté son activité comme ceci : je fournis à Airbus les moyens financiers pour fabriquer ses avions. Sur le moment j’ai trouvé à la fois qu’il était très prétentieux (il y avait tout de même un peu de ça) et que cette manière de présenter son activité était très intéressante. Car en effet derrière tout travail se trouve un intitulé, des objectifs, des moyens, une finalité et la valeur ajoutée associée. Dans ce cas de figure cette personne n’avait fait qu’exprimer la finalité de son travail et en donnait le sens à ses interlocuteurs. De cette manière il créait une dynamique positive encourageant à en savoir plus et minimisait les jugements à l’emporte pièce (qu’il soit positifs ou négatifs d’ailleurs) et les perceptions faussées les accompagnant comme par exemple «il travaille dans une banque d’investissement, sympa ce mec qui plombe la société avec ses montages de subprimes».

 je fournis Ă  Airbus les moyens financiers pour fabriquer ses avions […] (crĂ©Ă©e) une dynamique positive encourageant Ă  en savoir plus

Enfin, j’ai toujours trouvĂ© fascinant que l’entreprise fasse essentiellement appel aux compĂ©tences liĂ©es aux postes des employĂ©s plutĂ´t qu’à leur champ de compĂ©tence global alors qu’il y a pourtant lĂ  un vivier inexploitĂ© et facile d’accès qui pourrait ĂŞtre plus qu’utile en ces temps de crise. Ce constat est bien sur liĂ© Ă  mes missions sur l’entreprise sociale et les dĂ©marches collaboratives, donc forcĂ©ment orientĂ© par rapport Ă  la rĂ©flexion qui a lieu dans ce billet, mais il s’agit nĂ©anmoins d’un très bon exemple pour l’étayer. En rĂ©utilisant notre ami Marc le comptable et en considĂ©rant qu’il a un hobby de dessinateur de BD amateur, on peut imaginer que la Direction de la Communication perd un avis Ă©clairĂ© et peu couteux sur la dernière campagne interne qu’elle a menĂ© et dont les affiches Ă©tait peu rĂ©ussies de l’avis de tout le monde (ça fonctionne Ă©galement si elle sont parfaitement rĂ©ussies car elle ont de toute manière un coĂ»t). Parce que Marc se reprĂ©sente comme un comptable, qu’il est perçu comme tel par ses collègues, et ni lui ni personne n’a eu l’idĂ©e de lui demander son avis avant, alors mĂŞme que beaucoup de ses collègues connaissent ses crĂ©ations BD…

Bref, la réflexion est ouverte et je suis curieux de connaitre votre point de vue sur la question. Pensez vous que la manière dont nous nous définissons a des incidences sur l’émergence des dynamiques d’intelligence collective et sur leur pérennité, que ce soit en entreprise ou dans la société, et pour quelles raisons ?

LisaJe suis l'assistante virtuelle de There is no spoon. J'occupe également le poste de rédac' chef de There is no spoon, Le mag’