J’ai volontairement désactivé les fonctions de notification push pour la quasi-totalité des apps installées sur mon iPhone ainsi que pour certains services proposés par iOS tels que la messagerie. Pourquoi ? Tout simplement parce que la valeur ajoutée que m’apporte le push pour ces apps n’est pas suffisante pour équilibrer les contraintes liées !

 la valeur ajoutée apportée par le push n’est pas suffisante pour équilibrer les contraintes

Attention, loin de moi l’idée de taper sur le push et sa valeur ajoutée de manière globale, je sais d’expérience les besoins spécifiques de chacun d’entre nous font qu’il est difficile de tirer une conclusion commune et globale. Néanmoins, cette même expérience me permet d’avancer qu’en moyenne, le push c’est le mal !

Ce billet m’a été inspiré par un échange de tweets avec Jean Marc Ouvré sur les différents services ayant la notification push activée sur nos smartphones respectifs.

Le push entretien le mythe de la réponse immédiate.

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Dans un monde ou les salariés se plaignent de recevoir trop de sollicitations (mails, téléphone, …) et d’avoir une forte pression sociale imposant d’y répondre rapidement, vanter les mérites push paraît pour le moins étonnant.

Je suis certain que vous avez tous vécu au moins une fois cette expérience déroutante au possible : le coup de fil d’un collègue vous demandant pourquoi vous n’aviez pas encore répondu à son mail envoyé il y a déjà 5 min…

Vous allez me dire que le push n’est pas le responsable de cette situation et qu’il s’agit avant tout d’une mauvaise compréhension du rôle des outils mis par ce salarié, je ne vous contredirai pas. Néanmoins le push entretien dans la tête des utilisateurs le mythe de la réponse immédiate car il véhicule l’idée que l’information est délivrée immédiatement et que sa prise de connaissance est et doit être immédiate également. Le raccourci entre prise de connaissance d’une question et immédiateté de réponse à cette même question est de fait très facile à emprunter.

Avez-vous réellement besoin du push ?

C’est je pense la question la plus pertinente à se poser. N’étant ni hotliner, ni responsable support, ni community manager, je n’ai pas besoin d’être notifié immédiatement de toutes les informations que l’on porte à ma connaissance.

Bien sur, dans le cadre de mes projets, j’ai impérativement besoin d’être prévenu des urgences, mais pour ça rien ne vaut un bon vieux coup de téléphone car il me permet de juger de la réalité de l’urgence ou non !

Dans ma sphère personnelle, c’est un peu pareil. Je n’ai pas besoin que l’on me prévienne qu’une nouvelle app est passée gratuite, qu’une nouvelle fiche descriptive d’un vin est disponible ou encore qu’un spectacle est en promo ce soir dans un théâtre de la région… En revanche, j’aimerai pouvoir être prévenu que mon vin fétiche est en promo au magasin du coin de la rue à un prix que je juge intéressant (mais pas au-delà), mais il s’agit d’une autre histoire et nous ne sommes pas encore à l’ère de la publicité géolocalisée à valeur ajoutée en mode push..

Vivre dans un monde sans push.

Comme je l’ai indiqué en début de billet, j’ai désactivé sur mon iPhone la quasi-totalité des notifications push (mails inclus). De fait, chaque fois que je lance une app ou que j’accède à un service donné, c’est que je suis prêt à y consacrer toute mon attention (un concept proche du mono-tasking décrit par Valentin Pringuay sur WebTribulation). Parfois il y a matière parfois non, je ne sais en effet pas en avance ce que je vais trouver, mais dans tous les cas je suis prêt à y consacrer du temps !

Ainsi, de manière ponctuelle, étant 100% dédié à ces tâches je vais à l’essentiel. Cela me fait gagner en sérénité, discernement, qualité et efficience selon le cas de figure ! Bref, c’est tout bénef.

Ça ne règle pas la question du mythe de la réponse immédiate bien ancré dans la tête de certaines personnes, mais rassurez vous j’ai trouvé une solution très efficace : je les éduque ! Par exemple pour les emails, j’ai ajouté une réponse automatique envoyée au maximum une fois par jour à ceux qui m’écrivent (idéalement une fois par semaine mais je ne peux pas le faire techniquement) :

Bonjour,

Ceci n’est pas un message d’absence, mais la description des règles que j’applique sur les échanges par email.

Si votre emaill nécessite une  prise en compte dans la journée : appelez moi au 01 xx xx xx xx  puis si je ne réponds pas au 06 xx xx xx xx. (le portable est à utiliser avec parcimonie,  c’est à dire uniquement si je ne suis pas joignable sur mon poste fixe, car il s’agit de mon numéro personnel).

Sinon : j’en prendrai connaissance dans un délai de 2j.

A noter : je considère que les e-mails pour lesquels je figure en copie ne nécessitent aucune action de ma part. Je ne les consulte donc qu’à temps perdu.

Cordialement

Fabien GRENET

Cette idée provient de la semaine de 4h de Tim Ferris et je dois avouer que le résultat a été spectaculaire ! Bien sur il m’a fallu expliquer, ré-expliquer, m’astreindre à suivre mes règles et encore expliquer pour que cette méthode porte ses fruits, mais le changement a été radical au bout de quelques semaines au point que j’avais parfois l’impression d’avoir été oublié par mes interlocuteurs (ce n’était bien sur pas le cas). J’ai ainsi pu utiliser le temps dégagé pour creuser de manière plus poussée mes dossiers tout en ayant amélioré la qualité des échanges avec mes interlocuteurs principaux.

En résumé je vis dans un monde sans push dans lequel je suis maître de mon temps, de sa répartition, des règles sociales qui vont avec et j’en fais bénéficier mon entourage en améliorant la qualité de nos échanges. Et vous, pensez vous que vous auriez à y gagner ?

Finalement, en relisant ce billet au sujet pas si clair que ça, je me dit qu’il aurait mieux valu que le fil directeur soit « le push mail c’est le mal, ou comment gagner en productivité en consultant moins ses mails », mais j’avoue avoir la flemme de tout ré-écrire surtout compte tenu du fait que Tim Ferris l’a fait bien mieux que moi dans sa semaine de 4h que je vous invite donc plutôt à lire 😉